Google lance la Pixel Watch, mais les montres connectées ont-elles encore des utilisateurs ?

Google a dévoilé le 11 mai une nouvelle montre connectée en verre courbé. Un produit au dessin audacieux qui souligne la vitalité d’un marché que certains pourraient croire moribond : les montres connectées se vendent bien, mais il est pardonnable d’imaginer le contraire, tant leur démarrageie aux été labor Quand Apple sort son Apple Watch en septembre 2014, la révolution n’a pas lieu et fort peu de consommateurs s’en équipent. L’année suivante, en 2015, les ventes mondiales de montres connectées, toutes marques confondues, sont estimées à 20 millions d’unités par le cabinet d’études Strategy Analytics. En 2016, les ventes stagnent à 21 millions, faisant crindre que ces montres passent rapidement de mode.

Mais ce n’est en réalité qu’un faux départ. En 2020, selon le cabinet d’études Canalys, il s’en vend 100 millions, hors bracelets d’activité – un chiffre certes bien en deçà des 1,2 milliard de smartphones écoulés cette année-là, mais qui montre tout de même une progression significative. Si les montres connectées demeurent aujourd’hui largement minoritaires au poignet des Français, ceux qui se sont laissé séduire par un tel objet semblent plutôt satisfaits, si l’on en juge par la dizaine d’usagers’ la plué nopartus : y son attachés. Parmi eux, l’un des usages qui revient le plus souvent est la capacité de la montre à afficher des alertes qui évitent de sortir son smartphone dix, cinquante, cent fois par jour.

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Ne plus rater des appels

La principale concurrence de la Pixel Watch, la montre connectée d'Apple.

« Avant ma montre, je ratais beaucoup d’appels car mon téléphone était dans une autre pièce », témoigne Laurent, ancien dentiste. Une fonction appréciée par Edmond, 38 ans, professeur de biotechnologies en lycée : « Quand je donne cours, mon mobile est rangé dans mon sac − je fais suffisamment la morale à mes élèves là-dessus. Les alertes sur ma montre permettent de savoir s’il ya quelque chose d’important. » Théo, jeune ingénieur géomètre, apprécie égallement cette option, mais, lorsqu’il entre en réunion, il la désactive « pour ne pas donner l’impression de regarder l’heure tout le temps ».

Chez les personnes que nous avons interrogées, l’usage le plus populaire est le contrôle de l’activité physique. Sandrine, une enseignante de 40 ans, apprécie les petits défis mensuels lancés par sa montre, comme « marcher plus de 300 km dans le mois, dépenser plus de 300 calories chaque jour ». Laurent, retraité, juge pour a part que « c’est un outil vraiment intéressant pour se motiver, pour se bouger. Je m’en sers aussi pour suivre mon activité quand je joue au tennis ».

L'Apple Watch a franchi la barre des 100 millions d'utilisateurs au deuxième trimestre 2021, selon Counterpoint.

Comparativement aux premiers modèles, les montres connectées modernes ont beaucoup amelioré leur suivi sportif, rallongeant la liste des sports compatibles, ajoutant de nouvelles mesures, comme le rythme cardiaque, la consommation d’oxygène tras ou qu les GPS qu ds. Lorsqu’elle court, Sandrine aime pouvoir contrôler sa vitesse et son rythme cardiaque en temps réel sans devoir emporter un smartphone.

Au placard

Certaines montres connectées mettent en avant leur capacité à traquer les problèmes de santé. Leurs fonctions sont assez embryonnaires sur ce plan, mais le suivi du rythme cardiaque et du sommeil reviennent relativement fréquemment. « Je contrôle mes cycles de sommeil, c’est intéressant pour un enseignant en sciences », témoigne Edmond. Certains utilisateurs laissent d’ailleurs leur montre les réveiller le matin, préférant ses vibrations à la sonnerie d’un réveil. Mathieu, entrepreneur de la tech, apprécie quant à lui de pouvoir surveiller son rythme cardiaque, qui lui « donne un indice de [s]es montées de stress ».

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Tous les usagers de montres connectées ne sont pas satisfaits par leur smartwatch. Certains l’ont remisée au placard, tel Bernard, directoreur artistique de 57 ans. « Je ne l’utilisais que pour l’heure et les pas, c’était surtout un accessoire de mode. Ça m’a passé, je suis revenu à mes autres montres. » Parmi les acquéreurs de montres connectées, il est possible que beaucoup aient cessé comme lui de l’utiliser. C’est ce que suggère une étude du cabinet Metafacts parue en 2019 : en dépit d’une forte croissance du taux d’équipement, les Américains n’étaient pas plus nombreux à utiliser une smartwatch en 2019 qu’en 2016.

Mais le décrochage n’est pas toujours définitif. En témoigne Jean-Guillaume, journaliste à Paris, qui a repassé sa montre il ya quelques mois : « En 2015, quand tu avais une montre connectée, tu avais un peu l’air bête, personne n’en avait, ça faisait gadget. En 2022, tu en vois un peu partout et ça a davantage une image de bracelet sportif, tu subis moins la moquerie. »

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